Le bilinguisme

Etant Néerlandaise, mon rêve a toujours été d'avoir des enfants parfaitement bilingues. Cela me semblait une évidence et je ne pensais pas que ce serait difficile dans la pratique. Et pourtant....

J'ai une fille et un fils avec un papa français. Mes enfants n'ont absolument pas réagi de la même manière à mes tentatives (si tentative il y avait) pour leur apprendre une deuxième langue. En effet, j'aurais pu parler de deux premières langues, mais je pense que c’est faux. Je considère que la première langue est celle du pays où l'on vit, car c'est celle que les enfants entendent le plus souvent (sauf si on garde les enfants enfermés à la maison, mais ce n'était pas le cas des miens).

Ma fille est l'aînée et j'avais plein de rêves à sa naissance. J'ai donc commencé à lui parler le néerlandais au berceau, même si je me disais : quelle imbécile, je parle à un bébé qui ne comprend rien.... (C'est ce que je pensais l'époque, plus du tout maintenant. Ce sera un autre sujet.....) En tout état de cause, je n'ai pas continué à lui parler dans ma langue, pour la simple raison que, dès qu'elle a commencé à parler, elle me répondait en français. J'aurais dû persévérer, mais le bouton dans ma tête n’était pas si souple.... je le mettais donc sur "français". Dommage.

Cependant, ma fille a gardé les bases de cette autre langue et comprend sa famille néerlandaise. Elle en a donc une connaissance passive. Il y a quelques années elle a passé 3 mois dans une highschool anglophone au Canada et parle anglais comme si elle était Canadienne. De plus, cela lui sert aussi aux Pays-Bas, car la plupart des membres de sa famille (comme beaucoup de Néerlandais) parlent l'anglais. Donc pour elle, le néerlandais vient en 3ème ou 4ème position (car il y a l'espagnol également), mais enfin, elle a beaucoup de facilités pour switcher et c'est cela qui compte !

Mon fils par contre, a plus de difficultés. Comme vous le savez si vous avez lu mes autres billets, il a un handicap et il a eu beaucoup de soucis de santé. A cause des problèmes qu'il a eus, tout apprentissage depuis le berceau s’est avéré difficile. S'asseoir, marcher, parler, chaque chose dite "facile" pour les personnes nées en bonne santé, a été compliquée pour lui. J'ai donc décidé de ne pas en rajouter et de le laisser tranquille côté bilinguisme.

Résultat : il ne parle pas d'autres langues pour l'instant. Il ne connaît pas vraiment le néerlandais. Et l'anglais à l'école (il est en sixième) ne compte pas parmi ses matières favorites.... En fait, il manque totalement de confiance en lui, ce qui est normal au vu de son passé. Un passé lourd d'hospitalisations, d'une guérison qui ne voulait pas venir et dont il ne connaissait pas les bénéfices (car malade depuis ses premiers souvenirs).... Je fais les devoirs d'anglais avec lui. On travaille très dur et ça ne vient pas tout seul. Cependant, il y a du mieux, car les efforts commencent à payer. Et quand il obtient une bonne note, cela le motive et il commence à croire en ses capacités. Car, pour lui c'est dur de se savoir entouré d'une famille "douée pour les langues". Cela l'a bloqué pendant un certain temps. Donc les encouragements sont primordiaux parce qu’il a tendance à focaliser sur une mauvaise note.

La leçon de mes expériences est donc que la réalité ne suit pas toujours ses rêves. Cependant, ce n'est pas une raison pour laisser tomber tout effort. A un moment on en tire TOUJOURS un bénéfice. Pour mes enfants c’est une plus grande ouverture d'esprit envers les autres, une oreille «souple» et habituée à entendre plusieurs langues et une curiosité d’autres cultures.

Alors, ce n'est pas positif tout ça ?

A présent, dites-moi quelles sont vos expériences avec les langues. Faut-il parler une autre langue coûte que coûte ? Est-ce que parler une autre langue vous a ouvert des portes ? Ou bien, ne pas parler d'autres langues, a été un obstacle dans votre vie personnelle et/ou professionnelle ? Est-ce que vous pensez que c’est indispensable pour vous et/ou pour vos enfants d'être bilingues ?

Je suis curieuse de vous lire !

 

 

 

Le bilinguisme

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Commentaires (7)

1. Camille Espagne 2013-02-21

Bonjour Christine,

Tout d'abord bravo pour ton parcours et ta reconversion sur le coach. Moi qui suis également passionnée de développement personnel, ton parcours me parle.

Cela fait très longtemps que nous n'avons pas été en contact et je ne sais pas si tu sais que j'ai adopté un petit garçon brésilien lorsqu'il avait 5 ans. Il parlait alors avec à peine 150 mots, c'est à dire même pas le langage d'un enfant de 2 ans.

Lorsque nous sommes arrivés en France, les psys et autres intervenants spécialistes de l'enfance en difficulté m'ont dit qu'il était fondamental que je lui parle le français, puisque j'étais sa mère et qu'une mère doit parler sa langue maternelle avec son enfant. Je me suis exécutée tout en gardant un lien avec le portugais à travers de livres, des chansons, des films et des voyages au Brésil.
Au bout de 4 mois d'école à mi-temps en grande section de maternelle, il parlait mieux le français que tous les enfants de sa classe.

Pour info lors de nos voyages au Brésil ensuite, Ricardo refusait totalement de parler brésilien, comme si cela représentait un risque pour lui, il comprenait pourtant ce qu'il entendait.

Lorsque nous nous sommes installés au Brésil, je l'ai mis la première année dans une école à pédagogie "Steiner" afin qu'il puisse s'intégrer et s'imprégner du portugais sans avoir en plus le souci des apprentissages classiques. De mon côté j'ai continué à parler français avec lui en permanence. Pour l'apprentissage de l'écrit, il est dans une école brésilienne et c'est donc avec moi qu'il travaille le français.

Aujourd'hui, 3 ans après notre installation, Ricardo est totalement bilingue dans les deux langues, à l'écrit, comme à l'oral. S'il fait pas mal de fautes d'orthographe en français, c'est surtout par inattention car il sait les corriger tout seul et il en fait très très peu en portugais et maintenant en anglais. En effet, cette année, je l'ai inscrit en cours d'anglais pour qu'il commence à aborder une 3ème langue. Cela fait 3 mois, deux fois par semaine et il commence à intégrer pas mal de choses, pour un enfant qui avait été diagnostiqué quasi "débile" par un neuro-pédo-psy en France. En fait il a surtout de grosses difficultés d'appréhension des maths en particulier et des difficultés d'organisation dans les apprentissages en général. Du coup, mon fiston qui revient de très très loin, a un niveau de CP ou CE1 pour certaines matières et un bon niveau de CM2-6ème pour d'autres. Imagines le grand écart dans une école française, juste quelque chose d'impossible à gérer.

Quant aux langues, je suis profondément convaincue que c'est une nécessité dans le monde actuel et pour le futur. Je dis souvent à Ricardo qu'avec cet atout dans les mains, il pourra s'installer où il veut, là où il y a du travail et s'ouvrir beaucoup de portes dans beaucoup de secteurs. Il rêve depuis tout petit de devenir pilote, je ne lui ferme jamais la porte de son rêve, mais lui explique qu'en parlant déjà 2 langues, plus bientôt l'anglais et probablement l'espagnol, il aura toutes les possibilités pour travailler dans le secteur de l'aviation.

Quant à moi, je me réjouis de l'entendre jongler d'une langue à l'autre, me dire "mais maman parles moi en français", quand je m'adresse à lui en brésilien en même temps qu'à une autre personne. Et je me dis que j'ai au moins remplis l'un de mes objectifs quand je me suis installée ici, celui de permettre à mon fils de renouer avec ses racines et d'être ouvert sur le monde.

Voilà pour ma petite expérience.
Bise
Camille

2. decourbe 2013-02-21

Bonjour,
Au vu de la région où je vis, de très nombreux enfants sont bilingues voir trilingues. En effet, je vis à Genève et le nombre de familles multi culturelles est très grand. Pour beaucoup, ils vont à l'école française, leur parent anglais ou allemand ou néerlandais ou autre leur parle dans leur langue, et le parent français leur parle dans l'autre. Ils ont des cours de langues supplémentaires dans la langue "étrangère" donc autre que français. Ils passent d'une langue à l'autre, regardent la TV dans la langue étrangère. Pour ma part, je considère que c'est extrêmement positif car cela leur donne une souplesse d'esprit et certainement une capacité à apprendre une 3ième langue. Mais la région y fait beaucoup car on entend toutes les langues au quotidien ici. Je pense que donner la chance à son enfant d'être très bon en langue et surtout en anglais, c’est top. Je travaille dans une entreprise avec + de 40 nationalités, l’anglais est la langue de travail, je la partage avec des anglais/canadiens/allemands/pays de l’est/Scandinavie…… Je n’aurai pas pu intégrer la majorité des sociétés pour laquelle j’ai travaillé si je n’avais pas parlé anglais. Alors, je vais faire mon possible pour que mon fils né de mère française uniquement puisse avoir les outils pour apprendre l’anglais.
Nathalie

3. catherine 2013-02-21

Hello Christine, c'est indispensable de parler une langue étrangère, déjà pour les avantages à voyager partout dans le monde et pouvoir communiquer avec les gens. Je pense d'abord à l'anglais car il est de plus en plus parlé partout sur la planète. Pour les jeunes c'est aussi le moyen d'avoir des correspondants dans des pays différents et de découvrir une autre culture. Enfin pour l'avenir professionnel c'est évident que ça ouvre des portes et des horizons divers....Excellent pour une ouverture d'esprit plus large et des découvertes culturelles....See you soon....have a good day !!

4. Marylin PHELIPOT 2013-02-21

Bonjour à Christine et également à Camille,
Prendre connaissance de vos nouvelles linguistiques et maternelles illumine ma soirée.
J'abonde en votre sens , même si tout n'est pas aussi simple. Alors que j'étais étudiante à Londres ( (il y a donc fort longtemps), le hasard a voulu que je me crée un réseau de baby sitting parmi des enfants de diplomates. Tous étaient bilingues français -anglais en maternelle ou primaire française. Les apprentissages de la lecture et de la lecture ne s'effectuaient qu'en français. Pour ceux-ci tout allait bien; néanmoins , je remarquais que les enfants à qui il avait été imposé une 3è voir une 4è langue pour cause de mobilité professionnelle des parents éprouvaient des difficultés d'ordre relationnel ou psychologique. Les troubles étaient plus graves chez les enfants à qui il avait été imposé un apprentissage oral , mais également écrit de toutes ces langues . Là tout dérapait, ces enfants manquaient de repère et perdaient toute confiance, deux en particulier se révélaient particulièrement sombres et agressifs.
En revanche, l'une des grandes soeurs,en âge d'être au lycée, avait eu pour nourrice une jeune Argentine qui lui chantait et parlait espagnol. Dès la première année d'apprentissage, la jeune lycéenne caracolait en tête de sa classe dans cette matière . La "musique des mots" lui revenait tout naturellement.
Abordons le chapitre mère. L'une et l'autre vous souvenez peut-être d'Ophélie qui a désormais 24 ans. A 11 ans elle a été immergée en Cornouailles. La première année nous étions inquiets . A mi-séjour, elle demandait prolongation, nous étions donc rassurés. Durant les 4 années suivantes , elle est repartie dans la même famille . Les échanges n'ont pas cessé. Elle a toujours regardé volontairement toutes les séries et les DVD en VO, s'est mise au russe, puis à l'italien en Erasmus. Il lui a été proposé en 1ère et terminale S de suivre les cours de langue de L. Son niveau d'anglais lui a ouvert de nombreuses portes, et lui permet de partir en avril sur un projet de 10 jours au Japon.
Elle lit indifféremment des "poches "en anglais , italien et français. Ayant eu l'occasion d'assister à une de ses présentations publiques en anglais, j'ai été impressionnée par son débit de mitraillette... et les dîners passés avec nos amis étrangers ( il y a même des Néerlandais, si,si! Christine) ne seraient pas aussi sympa si nous n'avions pas cet anglais commun.
Il est vrai que professionnellement, j'ai vécu de belles aventures et de jolis voyages grâce à mes petites connaissances linguistiques, tout comme Christine et Camille.
Oui , cent fois oui, l'apprentissage des langues est un formidable atout pour nos enfants. Et pour côtoyer certains enfants de parents de nationalité différente, quelques minots refusent de "pratiquer " l'une des langues qui leur est parlé dans le giron familial. Ce n'est pas grave, tout s'emmagasine et ressort un jour ou l'autre.
Merci pour ces nouvelles cosmopolites.
Marylin

5. Jolande 2013-02-22

Zoals je weet ben ik als dictator er héél erg op gebrand dat de heren beide talen spreken...........maar uiteraard worden ze hier omringd door 't Franse.................dus brabbelen ze 't meest Frans.

Maar als ik dan weer boos kijk schakelen ze over op 't Nl ................en daarna al spelend gaat t atomatisch over in 't Frans.

MAAR als we in Nederland zijn: praten en spelen (en ruzien) ze in t Nederlands !!!

Dus 't er willen bijhoren zorgt er echt wel voor dat ze inderdaad zoals jij aangeeft de taal van 't land praten.

VWB het Engels: ze zijn -samen met ieder een engels klasgenootje (broer&zus) de beste van de klas.......omdat ik spelenderwijs Engels met ze doe EN omdat ik ook bijv Harry Potter in 't Engels opzet etc

EN: Matthias (net 8) leest nu al sinds einde CP ook Nederlands ................ook al waren velen ertegen: hij smeekte erom........neuropédiatre vond 't goed: gedaan: en 't gaat supergoed en er is dus absoluut geen verwarring met klanken enzo waar de leraren hier om stressten , zolang ze de klanken horen lezen ze t vanzelf goed!

Intussen begint meneertje ook Engels te lezen, en dat gaat ook goed!

Bapje (bijna 6) die nu in cp zit (klas overgeslagen........héél ander onderwerp: ook interessant en erg eng) leest goed in 't Frans en heeft verbod om Nederlands te lezen omdat ik wil dat hij eerst alle klanken in 't Frans heeft gehad en dat goed beheerst VOORDAT hij aan 't Nl kan starten...................maar ja er slingert natuurlijk Nederlands leesvoer rond en soms leest hij dus een paar woorden foutloos op.........................ik zeg dan wel steeds ok da's goed maar doe 't nog niet....................en zo modderen we maar door.

VWB Lohan: ga naar www.abcmelody.com die hebben veel boeken MET cd die het Engels leren leuk en makkelijk maken (en betaalbaar)....................en ook al zijn sommige voor jonge kinderen (cat and mouse) ik gebruik ze ook voor een jongen die in 6ième zit en die vindt ze ook leuk en is nu minder bang om Engels te leren en te spreken !!!

6. maldague nicolas (site web) 2013-02-24

Connaître une autre langue c'est se donner une possibilité de distance par rapport au conditionnement par excellence qu'est la langue maternelle. Par ce conditionnement inévitable, nous engrammons certes tout ce qui remplace l'instinct perdu (à savoir une transmission humaine quasi universelle dans ses principes basiques), mais aussi - indissociablement - le tour d'esprit "local" de notre culture d'accueil.
Cela présente selon les lieux et les époques des avantages et des inconvénients variés.
Évidemment, une seconde langue transporte aussi avec elle des ingrédients locaux conditionnants, mais le différentiel entre les langues, précisément, permet de relativiser les conditionnements respectifs charriés par lesdites langues.
Mais j'oubliais le principal : la poésie.
Chaque langue déploie une poésie propre. Dès lors,"additionner", métisser, "multiplier" ces poésies nous rend forcément moins étroits d'esprit, un peu plus visionnaires.
Quand le bois dont la violence se chauffe vient par miracle à manquer, jetons dans le feu nos oeillères!
Amicalement,
NM

7. Muriel M. 2013-03-11

Je réponds tardivement sur le bilinguisme. Il est indispensable mais sans en faire une montagne !

Famille recomposée, la fille de mon mari est née au Etats Unis et a la double nationalité. Revenue en France très petite, elle a eu la chance d'avoir des nounous qui ne parlaient qu'américain. Résultat, elle est totalement bilingue et cela lui permet de faire un cursus universitaire avec la dernière année au States ! Certes, nous nous battons sur l'américain et l'Anglais qui ont des vocabulaires et des accents différents mais cela nous faire rire !

J'ai toujours dit à mes fils que parler plusieurs langues étaient une richesse et une ouverture sur le monde. Mon fils aîné parle 5 langues, le deuxième heu, on verra un jour. Ils partent toujours au bout du monde dès qu'ils peuvent...

Alors le bilinguisme c'est avant tout l'ouverture sur le monde et personne ne peut y échapper.

Une question : c'est comme l’informatique finalement :)

Bravo pour ces ces questions, je vais essayer de ne pas prendre de retard sur le deuxième sujet !!!

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